Goma: Après la pluie c’est le mauvais déplacement

Paradoxe: Si la pluie a toujours prédit le meilleur pour le moment à venir, on ne peut s’en rendre compte à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, en RDC, où la population aurait bien voulu vivre la saison sèche jusqu’à la réhabilitation de ses routes pour lui permettre le déplacement. Hélas, la pluie est pourtant une nécessité pour ce peuple qui n’a plus d’eau.

Routes de Goma

#GomaVeutDeL’eau

Ce hashtag a été lancé par des activistes et bloggeurs de la ville, il y a environ deux ans et a fait la une des médias comme des réseaux sociaux, mais aujourd’hui, il est aux oubliettes. Ont-ils été satisfaits? La ville a-t-elle été servie en eau potable? L’image paradoxale de la ville nous pousserait à dire oui. L’eau stagne partout qu’un étranger croirait que la population manque où en stocker, qu’elle se résout délibérément à en déverser dans les rues.

Rues et routes inondées

Routes de Goma innondées

En se promenant à Goma après la pluie, on peut facilement déduire qu’il y a eu inondation dans la ville. Tout le monde marche en faisant des bonds pour trouver la terre ferme afin d’y poser ses pieds et, ainsi, avancer. Les routes sont dans un état de délabrement total bien que les travaux de construction ont été lancés depuis plus de 5 ans déjà. Même les véhicules ont du mal à rouler. On ne sait même plus dans quel sens ils doivent rouler.

Si dans les pays anglophones on roule à gauche et dans les pays francophones à droite, on peut donc dire qu’à Goma on roule à la bilingue : les deux sens s’imposent aux chauffeurs suite à l’état des routes. Les nids de poule, n’en parlons pas. La route est un véritable parc d’attraction. Les nids d’éléphants en sont une exclusivité. On en trouve que dans les routes de Goma.

La mascarade

Routes de Goma

Des engins de l’office des routes ainsi que de plusieurs autres entreprises de construction sont toujours visibles sur les artères principales de la ville, pourtant, l’état des routes ne s’améliore pas. Une durée de 6 mois pour 150 mètres, cela est bien pratique. La cause de ces manœuvres dilatoires reste un mystère dans le fief de la population qui ne cesse de s’y interroger en vain.

Suite à ces travaux simulacres, des déviations sont souvent imposés aux usagers de la route. Le plus énervant dans cela est qu’après plusieurs jours de déviation les routes sont rouvertes sans être asphalté. On y tend juste du gravier et un peu de sable qui seront aussi balayer par les prochaines averses.

La pluie est devenue première ennemi des usagers des routes de Goma bien qu’elle leur accorde une autre faveur, de l’eau. Une faveur qu’ils n’ont pas malgré leur proximité au Lac Kivu, faveur géographique insignifiante car non mis en profit.

Le déplacement n’est pas aisé dans la ville malgré la prolifération des taxes et impôts qui attisent des soulèvements des masses, sans issus le plus souvent. La population s’indigne et ne sait plus revendiquer ce droit par peur des restrictions, de la part des autorités, qui s’avèrent de plus en plus contraignantes.

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