Un festival de Cinéma pour réécrire les Grands-Lacs

Lancé ce lundi 12 Juin 2017 à l’hôtel Cap Kivu, cette deuxième édition va, pendant une semaine, projeté des films des réalisateurs de  en provenance des trois pays de la région des Grand-Lacs pendant une semaine à Goma, d’où son nom : « La semaine du Cinéma. »

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Devant une assemblée aussi charmante que séduisante, c’est le directeur de la RPDFI, réseau de Production et de Diffusion des Films, qui a lancé le dit festival en invitant les réalisateurs à véhiculer à travers leurs films l’image positive de la région : «  Réécrire les Grands-Lacs c’est parler positivement de cette région qui est peinte dans des films étrangères comme une zone rouge où la vie est impossible. »

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Entre autres objectifs que se fixe la semaine du cinéma, figure la promotion de l’industrie cinématographique locale pour accompagner et assister les talents naissants dans le domaine.

Pour cette première projection, ont défilé sur l’écran les films « Revanche » de la réalisatrice Martine B. Light de Bukavu, « A place for my self » de Dusabe Jambo du Rwanda, « Imbecile » de Dekin Nzila, « Eden » de Patrick Kalala (tous deux de Kinshasa) et enfin, « Ma Bible » de Horeb Bulambo de Goma.

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La suite des activités du festival, dont les ateliers en Prise de vue et montage vidéo, sera étendue sur la semaine du 12 au 18 Juin 2016. Les projections seront répartis sur 4 sites dans la ville de Goma dont un à Ndosho, à Deos  café, à  l’alliance française et à l’hôtel Cap Kivu.

Par Rédaction du Festival

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Cupidon est mort

Le Cupidon est mort

Il a été tué.
Surtout pas de remords

C’était un enculé !

Il ne pourra plus jouer

Avec nos sentiments

L’archer tant détesté

De nous, pauvres amants.

On l’a trouvé gisant

Dans une mare de sang.

Une flèche l’a transpercé,

L’arroseur arrosé.

L’aveugle est décédé

Qui a bien pu le tuer ?

Une femme bafouée ?

Un amant rejeté ?

Qui a tué le p’tit con ?

Sept milliards de suspects.

Ca va être coton

Pour trouver qui l’a fait !

A t-on idée aussi

de provoquer ainsi,

de narguer les amants,

de faire pleurer les gens ?

Cupidon n’est plus.

Finis les contes de fées,

Les illusions insensées

Des amours foutues

Il est mort, son sort

Me rejouis encore et encore

Car je ne suis qu’un poète

Qui tiens sa revanche

Par ces mots flèchettes

Que je lui craches

En plein cœur.

Compte à rebours

Bientôt les cloches de l’angoisse vont

Retentir au milieu du tumulte et des cris

Ma nation est sur le rail de la désolation

Et, dans l’air, ça sent la barbarie.

Alors que de par le monde on crie

« Mondialisation ! » ; « Vive la démocratie ! »

Mes compatriotes restent primitifs d’esprit

Et dans notre quotidien se consolide l’anarchie…

« Ça va se passer comme je le décide

Et le ciel ne tombera pas sur nos têtes ! »

La phrase est devenue classique

Et la répression, cette arme terroriste

Qui kidnappe la liberté d’expression

Et assassine celle de manifestation

A mis à genoux nos droits et devoirs citoyens

Foule notre dignité et viole notre constitution

En les hissant sur le mât des vauriens.

Dix-neuf décembre, loin de moi la critique

Es-tu juste une date comme d’autres

Ou une date porteuse d’un virus de panique

Qui contaminera l’espoir d’une alternance politique

De toute une nation pour la réduire en cendres ?

Pourquoi annonces-tu d’horribles métamorphoses ?

Est-ce nos jours que tu veux rendre moroses

La femme veuve, laisser aux jeunes des handicaps

Ou ôter au ciel le soleil, les étoiles et leur éclat ?

Le compte à rebours est lancé, ça nous donne des frissons

La liberté de répression contre celle de manifestation

Laquelle va l’emporter sans nous rendre malheureux ?

Tel est notre impasse, notre lendemain est nuageux.

S’il est vrai qu’en cette inquiétante date

Le ciel ne va tomber sur nos têtes

La terre ne s’ouvrira-t-elle pas sous nos pieds ?

Est-ce dans un chao total où nous allons nous précipiter ?

Par Jean-Fraterne Ruyange

Les sondages

Il leur faut des sondes

Car ils polluent les ondes

Et tout le monde les gronde !

Ils agonisent, c’est sûr

Il leur faut une bonne cure !

Mais qu’est-ce qui se cache derrière ces calculs ?

Est-ce une mauvaise perception de la réalité
Ou une manipulation consciemment délibérée

Pour nous lier, aveugles, à leur magouille ?

Ils ont proclamé Hillary aux USA

Contre toute attente, Donald l’a trempé

Dans la défaite, non, nulle surprise, la réalité est là

Ils l’ont masquée, par leurs ondes, ils l’ont voilé.

Pour Alain, ils ont dessiné les primaires de la droite

Mais Fillon n’a pas eu tort à les juper

Leurs manœuvres, à tous les coups, se galvaudent

Le peuple refuse à s’y confier, se sachant duper.

Et en RDC, ils prétendent que le mandat

En cours va jusqu’en 2018, ça c’est leur date, voilà

Oui, leur date à eux, la date de mon peuple c’est le 19

La date où nous allons tout balayer et tout rendre neuf.

Ils agonisent sans doute, leurs sondages sont malades

A leurs sondages, il faut des sondes ou une transfusion

En effet, je les gronde, tout le monde les gronde.

Nous ne sommes pas liés par la tuméfaction de leurs actions

Qu’ils agissent comme ils veulent, c’est leur date

A la nôtre, nous allons passer à l’action

Qu’ils en prennent acte!

Pour quoi nous nous habillons?

Plus d’une personne ne s’est jamais posé la question de savoir pourquoi nous devons porter des habits. Si vous vous posez cette question tout de suite, je suis sûr que vous n’aurez pas du coup la réponse. Ceux qui viennent d’essayer sont d’accord avec moi.

Pour la première fois, je propose des astuces sur mon blog. Le sujet que j’aborde ici semble un peu absurde et, certes, je ne prétends pas donner les réponses évidentes car la liste ci-dessous peut être aussi inachevée que variable d’une personne à une autre. Cependant, je pense avoir brossé les principales raisons qui nous font porter les habits.

1. La Protection

habits-esquimeauxS’habiller pour se protéger des éléments externes (Soleil, froid, chaleur, pluie) sans oublier qu’il y a aussi des piqûres d’insectes, des morsures etc…

C’est pratique de s’habiller mais n’exagérons pas l’aspect fonctionnel des vêtements par exemple si on ne tenait compte que du froid le peuple de l’Équateur et des pays chauds traineraient nus avec un chapeau ou para-soleil presque toute l’année. En plus s’habiller affaiblit notre capacité naturelle de thermorégulation.

 

2. La pudeur

pudeurLes vêtements les plus importants restent ceux qui nous aident à cacher nos parties intimes pour éviter d’exciter la convoitise. La pudeur est sans doute l’élément le plus important qui nous pousse à nous vêtir mais quand on observe de près la réalité semble complexe, on dirait que nous nous cachons plus pour donner du prix en excitant le désir et pouvoir dévoiler plus tard.

D’où l’adage courant « les pierres les plus précieuses sont celles enfouies dans la profondeur des entrailles de la Terre. »

Ce que je retiens dans cela est que c’est pour envoyer un message du genre « Je cache quelque chose mais tu n’as pas le droit de voir »

3. La parure

parureVêtement comme parure pour le corps, son origine se retrouve dans les trophées de chasse (La peau de léopard comme pour Mobutu, de crocodile pour le président Bobo, de loup ou du lion de Némée pour Hercule, de tigre etc.) Que le chasseur porte en souvenir de sa victoire.

A ce rôle d’intimidation s’ajoute le besoin le besoin d’ajouter un petit plus au corps humain pour le perfectionner, en grandissant avec des talons hauts ou resserrant la taille pour les femmes ou en élargissant les épaules pour les hommes. Ces sont là tous des fantasmes qui vont s’inscrire dans l’inconscient collectifs jusqu’à qu’on en oublie le pourquoi de s’habiller.

4. Le langage

jean-fraterne-ruyangeS’habiller véhicule un message, pour preuve il n’y a qu’à voir les banquiers personne n’est prêt à confier son argent à un nouveau banquier qui le reçoit dans son bureau en culotte et singlet !

Eh oui très souvent l’habit fait le moine.

Dis-moi comment tu es habillé, je te dirais qui tu es (Du moins, je te dirais quelle impression tu me fais.)
Une jeune femme en robe de blanche et une voile aux yeux sous-entends le mariage ; un homme au barreau en toge noire garni d’une cravate blanche, un juriste sans doute…

Maintenant que vous avez une idée générale de pourquoi on s’habille, Que ça soit pour la protection, la parure ou le langage, tant mieux le faire en veillant sur la pudeur car c’est l’élément le plus important qui nous pousse à nous vêtir.

Par Jean-Fraterne RUYANGE

La semaine du Cinéma, un festival interpellateur

Ouverture du festival Semaine du Cinéma

La semaine du cinéma est un festival réunissant cinéastes et réalisateurs de la région des Grands-Lacs autour d’une série de projection des films réalisés par différents réalisateurs de la région. Du 05 au 11 Septembre 2016, le public de Goma et ses environs vibre au rythme du cinéma local.

Ouverture du festival Semaine du Cinéma

Ouverture du festival Semaine du Cinéma

Par Jean-fraterne RUYANGE

A sa première édition qui se tient dans la salle de l’Alliance française de Goma, la semaine du cinéma réuni réalisateurs et cinéastes venus des différents pays de la région des Grands-Lacs dont le Rwanda, l’Ouganda, la Tanzanie, ainsi que la République Démocratique du Congo.

A travers ses projections, le festival semaine du cinéma « vise à inciter les jeunes au travail et à redorer l’image de la région des Grands-Lacs par leur œuvres d’esprit », nous a confié DJUMA KATONTOKA Robert, coordonnateur du dit festival.

De leur côté, les réalisateurs prennent la semaine du cinéma pour « une opportunité de faire parler le cinéma à Goma car c’est surprenant de voir que toute la salle soit émue par un film produit localement alors que, souvent, à Goma, les films sont produits mais les consommateurs, qui sont le public local, en restent indifférents. Maintenant qu’ils sont conscients de ce que nous faisons, c’est une satisfaction », a déclaré Samuel KABIONA, réalisateur de Goma.

Le public de Goma, pour sa part, salue l’initiative car « c’est une première à Goma que de voir etre projetés des films de Kigali, de Bukavu et des autres pays et cela ne nous a pas seulement baigner dans un climat cinématographique mais aussi ça nous encourage à avoir de l’engouement pour le travail » a affirmé Thierry De Paul BUUMA, festivalier.

Soulignons qu’en marge de ce festival sont organisés des ateliers de capacitations dans des domaines apparentés au cinéma dont la photographie, la prise de vue et le design.

CIFF 2016 : Le calendrier d’un festival à l’image de la paix et du progrès artistique

Organisé à Goma dans le but de promouvoir les talents locaux, le CIFF, Congo International Film Festival, est une messe artistique annuelle confrontant les jeunes artistes de la ville aux aguerris venus des quatre coins du globe depuis 2006.

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Par Jean-fraterne RUYANGE

Le CIFF en est à sa onzième édition aujourd’hui, sous le thème « Plus beau qu’avant », une phrase extraite des paroles de l’hymne national de la RDC et faisant parti de l’héritage national des Congolais.

Organisé par le centre culturel Yolé ! Africa et Alkebu Film Productions, ce festival de cinéma, dont les activités s’étendent à d’autres expressions artistiques (visuels) comme la musique, la danse et le théâtre, vise à participer à l’instauration de la paix dans la partie Est du pays souvent théâtre des conflits armés, d’autres formes de violences et d’insécurité.

Pendant 10 jours d’affilés, du 02 au 10 Juillet 2016, cette cité artistique et culturelle qu’est la ville de Goma, sera couverte d’une série d’activités, notamment des projections, des ateliers de formation, des conférences ainsi que des moments de détente assurés.

L’ouverture officielle très attendue aura lieu ce samedi 02 juillet 2016 dans la grande salle de l’hôtel Cap Kivu à partir de 18h15. Une soirée de gala d’ouverture avec la projection du film « Elephant’s dream » du réalisateur belge Kristof Bilsen. En ce qui concerne les activités intensives relatives au programme général du dit festival, il est prévu :

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Après 15 ans de travail au profit de la communauté et du développement de la scène artistique et culturel du Nord-Kivu, le Centre Yolé ! Africa va, en marge de cette 11ème édition du CIFF, dévoiler sa nouvelle vision, perspective. Notons que le CIFF draine, depuis ses débuts en 2006, des dizaines de milliers de festivaliers qui viennent communier lors de l’évènement, pas simplement pour le développement de la scène culturel de Goma et du Nord-Kivu, mais également pour la paix dans cette partie du pays très meurtrie par des guerres à répétition depuis plus de 15 ans.

Goma Capital de Cinéma: Un tremplin pour le cinéma de bonne qualité

Réunis désormais dans une corporation pour une vision collective, celle de redorer l’image du Cinéma à Goma, cinéastes et réalisateurs, sous la propulsion de leur partenaire CIFF, envisagent la création d’une industrie cinématographique à Goma.

Goma Capital du Cinéma dans une emission avec la rtnc

Goma Capital du Cinéma dans une emission avec la rtnc/Goma

Par Jean-fraterne RUYANGE

Dans une émission accordée à la Radio Télévision Nationale Congolaise ce 29 Juin 2016, cinéastes et réalisateurs de Goma ont parlé de leur alliance, de la vision qui les anime et de leur soutien pour le CIFF, Congo International Film Festival.

Tout en lançant un appel à la mobilisation total du public de Goma, les artistes cinéastes ont témoigné de la grandeur de l’apport de CIFF au développement du cinéma dans la ville de Goma : « le CIFF est une opportunité pour tout le monde car à part nous cinéastes qu’il ouvre à la scène international, le CIFF soutient et promeut d’autres artistes évoluant dans des domaines parallèles au notre. Grace à l’industrie cinématographique que nous allons mettre sur pied, à l’accompagnement du CIFF et aux ateliers que ce festival met à notre disposition, nous sommes surs de pouvoir remonter toutes les difficultés auxquelles nous nous butons actuellement », se rassure Chivas.

Seule une femme participe aux activités cinématographiques du CIFF

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Etant la seule femme de Goma prenant part aux activités du CIFF en tant que actrice réalisatrice, Rosalie Bachibola souligne les problèmes sociaux liés aux préjugés dont les femmes sont victimes : « Ici chez nous, quand on se donne aux activités artistiques étant femme, on est vu d’un mauvais œil. La société ne nous considère pas comme des vraies femmes et nous colle des connotations dégradantes et discourtoises. Musiciennes, danseuses, cinéastes, tous en sommes victimes que les moins résistantes se résolvent à s’écarter du monde artistique. »

Rappelons que « Le CIFF est un festival qui a été mis sur pieds en 2006 dans le contexte de redonner de l’espoir à la population de Goma et ses environs meurtrie par plus de deux décennies de guerre, sous la nomination de Salaam International Film Festival, SKIFF. C’est ainsi qu’ayant déjà boosté le cinéma à Goma, le festival est en train de s’étendre sur d’autres villes du pays. D’où le passage de sa nomination de SKIFF à CIFF », nous a confié Ganza Buroko, coordonnateur du CIFF.

Les objectifs de Goma Capital de Cinéma

Modogo Aaron, coordonnateur de Goma Capital de Cinéma, interrogé par Jean-fraterne Ruyange

Modogo Aaron, coordonnateur de Goma Capital de Cinéma, interrogé par Jean-fraterne Ruyange

De son coté, MODOGO Aaron définit Goma Capital de Cinéma comme étant « une dynamique des réalisateurs dont l’objectif est de promouvoir le cinéma à Goma et de créer un espace d’échange entre réalisateurs pour développer le moral cinématographique et produire un cinéma de qualité. »

Conscients de la lourdeur du travail qu’ils ont déjà amorcé les cinéastes et réalisateurs de Goma exhortent la population à s’intéresser aux films locaux et à les soutenir. Ils affirment aussi avoir des œuvres et productions convaincants, à la hauteur de Goma. « Qu’ils viennent vivre Goma Capital de Cinéma et ils se rendront compte d’eux même des merveilles de Goma Capital de Cinéma qu’ils ratent sans s’en rendre compte », promet Mufupa Swedi.

Soulignons enfin que, dans le cadre de la 11ème édition du CIFF, Goma Capital du Cinéma va projeter à Mbinza Hotel 11 films courts métrages ce dimanche 10 Juillet 2016 de 14h à 17h. L’entrée étant gratuite tout le monde est convié à y prendre part.

Goma: Après la pluie c’est le mauvais déplacement

Paradoxe: Si la pluie a toujours prédit le meilleur pour le moment à venir, on ne peut s’en rendre compte à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, en RDC, où la population aurait bien voulu vivre la saison sèche jusqu’à la réhabilitation de ses routes pour lui permettre le déplacement. Hélas, la pluie est pourtant une nécessité pour ce peuple qui n’a plus d’eau.

Routes de Goma

#GomaVeutDeL’eau

Ce hashtag a été lancé par des activistes et bloggeurs de la ville, il y a environ deux ans et a fait la une des médias comme des réseaux sociaux, mais aujourd’hui, il est aux oubliettes. Ont-ils été satisfaits? La ville a-t-elle été servie en eau potable? L’image paradoxale de la ville nous pousserait à dire oui. L’eau stagne partout qu’un étranger croirait que la population manque où en stocker, qu’elle se résout délibérément à en déverser dans les rues.

Rues et routes inondées

Routes de Goma innondées

En se promenant à Goma après la pluie, on peut facilement déduire qu’il y a eu inondation dans la ville. Tout le monde marche en faisant des bonds pour trouver la terre ferme afin d’y poser ses pieds et, ainsi, avancer. Les routes sont dans un état de délabrement total bien que les travaux de construction ont été lancés depuis plus de 5 ans déjà. Même les véhicules ont du mal à rouler. On ne sait même plus dans quel sens ils doivent rouler.

Si dans les pays anglophones on roule à gauche et dans les pays francophones à droite, on peut donc dire qu’à Goma on roule à la bilingue : les deux sens s’imposent aux chauffeurs suite à l’état des routes. Les nids de poule, n’en parlons pas. La route est un véritable parc d’attraction. Les nids d’éléphants en sont une exclusivité. On en trouve que dans les routes de Goma.

La mascarade

Routes de Goma

Des engins de l’office des routes ainsi que de plusieurs autres entreprises de construction sont toujours visibles sur les artères principales de la ville, pourtant, l’état des routes ne s’améliore pas. Une durée de 6 mois pour 150 mètres, cela est bien pratique. La cause de ces manœuvres dilatoires reste un mystère dans le fief de la population qui ne cesse de s’y interroger en vain.

Suite à ces travaux simulacres, des déviations sont souvent imposés aux usagers de la route. Le plus énervant dans cela est qu’après plusieurs jours de déviation les routes sont rouvertes sans être asphalté. On y tend juste du gravier et un peu de sable qui seront aussi balayer par les prochaines averses.

La pluie est devenue première ennemi des usagers des routes de Goma bien qu’elle leur accorde une autre faveur, de l’eau. Une faveur qu’ils n’ont pas malgré leur proximité au Lac Kivu, faveur géographique insignifiante car non mis en profit.

Le déplacement n’est pas aisé dans la ville malgré la prolifération des taxes et impôts qui attisent des soulèvements des masses, sans issus le plus souvent. La population s’indigne et ne sait plus revendiquer ce droit par peur des restrictions, de la part des autorités, qui s’avèrent de plus en plus contraignantes.

Les écrivains de la plate-forme Sembura à l’Institut de Goma

Hier, mardi 19 Avril 2006, la délégation des écrivains de la plate-forme « Sembura, ferment littéraire », a réuni une centaine d’élèves de l’institut de Goma au tours du livre dans le but de raviver en eux le gout de la littérature qui semble, de nos jours, être perdu chez la plupart des jeunes africains.

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Crédit photo: Jean-fraterne RUYANGE

Sembura est une plate-forme réunissant les écrivains de la sous-région des Grands-Lacs (composé de trois pays : le Burundi, le Rwanda et la R.D. Congo). Cette initiative a vu le jour par le biais de la Suissesse Brigita, qui s’est rendu compte de la pertinence de transformer la mentalité des habitants de la région qui ne parviennent pas à cohabiter depuis des décennies.

En fait, Sembura vient du verbe Gusembura de la langue burundaise “le Kirundi”, et dont le correspondant en « Kinyarwanda », la langue Rwandaise, est le même, et signifie Fermenter. Cette plate-forme se veut ainsi le ferment  d’un idéal de bien-être, de cohabitation et de paix entre les pays des Grands-Lacs.

La rencontre organisé à l’Institut de Goma, INSTIGO, a eu pour but « inciter les jeunes élèves non seulement à la lecture mais aussi à l’écriture afin d’éradiquer le phénomène intellectuel illettré qui suppose un détenteur du diplôme d’Etat incapable de rédiger même une simple lettre de correspondance », a déclaré le CT Emmanuel CHIRIMWAMI, modérateur de la rencontre.

L’orateur du jour, le professeur Jean-Claude MAKOMO a, tant soit peu, motiver l’audience pour la rallier à sa vision : 

« 

Si la plupart des gens ne s’intéressent pas à la littérature c’est parce qu’ils ne savent pas  à quoi sert la littérature. Elle est un instrument d’information, d’éducation ainsi que d’apprentissage. Malgré cela, nous constatons qu’elle est en train de disparaitre dans le fief de la plupart des jeunes. Certes, vous n’avez jamais écrit mais si nous avons choisi de venir ici c’est pour faire de vous des génies créateurs »

Il a pour la suite présenter les trois jeunes de la ville de Goma, Annie LUKANDO, Nicolas VerBal et Jean-fraterne RUYANGE, qui ont pris part à la deuxième édition de l’Anthologie du Sembura, tenu à Bujumbura en Novembre 2014.

Le professeur MAKOMO a fini son allocution en partageant aux participants le nouveau projet de la plate-forme Sembura consistant en la troisième édition de son anthologie qui se centrera sur le thème ‘‘positiver l’autre’’. Il en a profité pour solliciter la participation de tous les élèves présents dans la salle.

Les élèves de l’Institut de Goma ne sont pas restés indifférent face à cet appel et se sont engagé pour la plupart à intégrer le Club des amis de la plume instauré dans cette école pour cet effet.

Satisfait, le préfet de l’INSTIGO s’est dit

convaincu que cette rencontre va constituer réellement un ferment pour ce club d’amis de la plume instauré dans son école et promet de s’y investir pour que ce club influe partout dans la ville de Goma.

Notons qu’en marge de cette rencontre chaque élève ayant participé à la rencontre a reçu un exemplaire de la deuxième anthologie du Sembura pour aller commencer la lecture.